La réforme du système de santé américain devrait marquer un premier point ce samedi au Sénat, le ralliement de deux sénatrices démocrates jusque-là sceptiques ayant conforté les chances d'ouverture d'un débat sur ce dossier-clef de la présidence Obama. Lire la suite l'article
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Mary Landrieu, élue de Louisiane, et Blanche Lincoln, élue de l'Arkansas, ont mis un terme à plusieurs jours d'incertitude en annonçant qu'elles voteraient la motion de procédure qui doit permettre la tenue d'un débat sur le projet de loi en séance plénière.
Ce vote, programmé samedi soir (dimanche à 01h00 GMT), est le premier obstacle que les partisans de la réforme doivent franchir. Une mise en échec serait un sérieux coup d'arrêt et un revers politique de taille pour Barack Obama.
Mais avec l'annonce des deux sénatrices, les démocrates, qui contrôlent exactement 60 des 100 sièges du Sénat sont désormais assurés, sauf improbable revirement, de faire le plein de voix.
Or ce seuil des 60 voix est nécessaire pour écarter les procédures d'obstruction des républicains, tous unis dans leur opposition au projet. La défection d'un seul élu démocrate aurait pu porter un coup d'arrêt à la réforme phare du chef de la Maison blanche.
Le président américain a fait de ce chantier sa priorité sur le plan de la politique intérieure. Il veut étendre la couverture maladie à la plus large partie possible des 46 millions d'habitants qui en sont actuellement privés et mettre un terme à certaines pratiques des compagnies d'assurance, comme le refus d'assurer certaines catégories à risque de la population.
Ces derniers jours, l'attitude de trois sénateurs démocrates retenait toute l'attention sur le Capitole, où siège le Congrès des Etats-Unis.
Mais Ben Nelson, élu du Nebraska souvent considéré comme le démocrate le plus conservateur du Sénat, a mis fin au suspense en annonçant dès vendredi qu'il voterait en faveur de l'ouverture d'un débat.
Mary Landrieu et Blanche Lincoln, toutes deux élues d'Etats conservateurs du Sud où la réforme est impopulaire, l'ont imité samedi. Elles ont cependant souligné que leur ralliement à cette motion de procédure ne signifiait pas qu'elles entérineraient le projet de réforme.
"Même si je ne suis pas d'accord avec tous les éléments de ce projet de loi, je suis arrivée à la conclusion qu'il était plus important que nous engagions le débat pour améliorer notre système de soins plutôt que de simplement renoncer à cette question et de nous désintéresser", a expliqué Lincoln.
DÉBAT APRÈS THANKSGIVING
Si le Sénat le décide par ce vote de samedi, comme c'est désormais le plus probable, le débat devrait commencer le 30 novembre, après la fête de Thanksgiving, et durer au moins trois semaines, ce qui rend improbable la signature du texte par Barack Obama d'ici la fin de l'année, comme l'avait souhaité le président américain.
En cas d'adoption du plan par le Sénat, il faudra encore fondre ce projet de réforme avec celui déjà approuvé par la Chambre des représentants le 7 novembre.
Les républicains dénoncent un projet coûteux et refusent que le gouvernement fédéral empiète sur une assurance maladie gérée par le secteur privé.
Le plan dévoilé par le Sénat permettrait d'apporter une couverture maladie à 31 millions d'Américains qui n'en disposent pas actuellement, selon un collaborateur du Congrès.
D'un coût annuel de 2.500 milliards de dollars, le système de santé représente 16% du PIB des Etats-Unis, un poids sans équivalent au sein des pays de l'OCDE pour un résultat guère satisfaisant: dans un classement établi en 2000 par l'Organisation mondiale de la santé, les Etats-Unis n'arrivaient qu'au 37e rang.
Version française Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André



