En visite à Bagdad, le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, a estimé vendredi soir que l'Irak avait encore un long chemin à parcourir avant de parvenir à une paix durable. Lire la suite l'article
Photos/Vidéos liées
"L'Irak a franchi une grande distance au cours de l'année écoulée, mais la route à venir est ardue qui mènera l'Irak à la paix et à la stabilité; ce n'est pas terminé", a-t-il dit.
"Il reste des étapes politiques à franchir. Les Irakiens doivent se servir du processus politique pour résoudre leurs différences. Nous sommes prêts - si on nous le demande et si cela peut être utile - à apporter notre contribution à ce processus", a-t-il ajouté.
Joe Biden, arrivé jeudi soir en Irak, s'est entretenu avec le président Jalal Talabani, le Premier ministre Nouri al Maliki et d'autres responsables irakiens.
Sa visite coïncide avec le départ des troupes américaines des centres urbains, intervenu mardi, et se déroule à un moment clé des relations entre les deux pays, la perspective du retrait complet des forces américaines accroissant l'urgence d'une réconciliation intercommunautaire en Irak.
Quelques heures avant son intervention, des partisans de l'imam chiite Moktada al Sadr avaient manifesté leur hostilité envers les Etats-Unis dans les rues d'un quartier de Bagdad.
D'après son entourage, Biden a profité de ses rencontres pour souligner que les progrès dépendraient de la recherche par les Irakiens eux-mêmes de leurs propres solutions, alors que Maliki est régulièrement accusé de traîner des pieds sur les questions liées à la réconciliation.
"C'était direct et honnête", a rapporté un responsable américain.
Parmi les sujets abordés figuraient notamment les litiges territoriaux, l'intégration des milices pro-gouvernementales à la vie politique et l'équilibre entre le pouvoir central et les gouvernements régionaux.
"Le Premier ministre a insisté sur l'engagement de son gouvernement en faveur du projet de réconciliation nationale. Mais le Parti baassiste dissous (ndlr, ex-formation de Saddam Hussein) n'est pas lié à la réconciliation nationale et est interdit parce qu'il est responsable de la destruction que l'Irak a vécue", a fait savoir Maliki dans un communiqué diffusé par ses services à l'issue de sa rencontre avec Biden.
Après la prière du vendredi, des centaines voire des milliers d'habitants de Sadr City ont défilé aux cris de "A bas les Etats-Unis" et ont brûlé des drapeaux américains. Une manifestation modeste a également eu lieu à Kerbala, dans le sud chiite du pays.
Le vice-président américain est en outre critiqué à titre personnel par de nombreux Irakiens pour avoir rédigé en 2006 un projet de division du pays en trois entités chiite, sunnite et kurde autonomes. Ce projet a ensuite été mis sous l'éteignoir à mesure que les violences ont reculé en Irak.
Version française Grégory Blachier et Henri-Pierre André











