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Violences à Firminy après la mort d'un jeune homme 

Des groupes de jeunes gens se sont livrés à des violences à Firminy (Loire) et dans des communes alentour dans la nuit de mercredi à jeudi, pour la seconde nuit consécutive, malgré le déploiement d'un important dispositif policier. Lire la suite l'article

Ces incidents font suite à la mort d'un jeune homme de 21 ans mercredi à l'hôpital après sa garde à vue au commissariat de Chambon-Feugerolles, dans la banlieue de Saint-Etienne. La police dit qu'il s'est suicidé.

Sa famille n'y croit pas et dénonce une "bavure policière". Le père de la victime, Abdelkader Benmouna, a déposé plainte selon le parquet. Il a pu se rendre dans les locaux du commissariat, accompagné par le procureur de Saint-Etienne et le consul d'Algérie, son pays d'origine.

La famille a lancé un nouvel appel au calme pour les prochaines nuits. Selon la préfecture, les incidents mercredi soir ont débuté vers 23h00 avec des incendies de poubelles et, selon les pompiers, d'une dizaine de voitures.

Le centre social du Soleil levant de Firminy, un bâtiment désaffecté, a été en partie détruit par un incendie. Les pompiers sont intervenus une quinzaine de fois, mais pour des faits moins graves que la nuit précédente.

Une personne soupçonnée d'avoir lancé des pierres sur les policiers a été arrêtée.

"Dans l'ensemble, il n'y a pas eu de violences majeures, il n'y a pas eu d'agression des forces de l'ordre ou des intervenants comme la nuit précédente", a déclaré Sébastien Lime, directeur de cabinet du préfet de la Loire.

Pour surveiller cette banlieue stéphanoise, 200 CRS avaient été déployés et un hélicoptère a survolé le site pendant une partie de la nuit. Le dispositif devrait être allégé pour la nuit de jeudi à vendredi, dit la préfecture, qui craint cependant un week-end agité.

DEUX SUSPECTS DÉFÉRÉS À LA JUSTICE

Neuf personnes avaient été arrêtées et placées en garde à vue mercredi après une première nuit de violences. Selon le parquet, deux d'entre elles devraient se voir notifier jeudi des poursuites pour "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique et dégradations".

A l'origine des violences, le cas de Mohamed Benmouna fait l'objet d'une enquête. Placé en garde à vue pour "tentative d'extorsion de fonds", le jeune homme était tombé dans le coma mardi. Il s'est suicidé par pendaison, selon la version officielle. Une enquête a été ouverte à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices").

L'autopsie pratiquée jeudi a confirmé la version d'une mort par étouffement. "Son corps ne révèle aucune trace de violence", a dit le procureur de Saint-Etienne, Jacques Pin, à Reuters.

La famille exprime des doutes, expliquant qu'elle soupçonne une violence policière déguisée en suicide.

Le procureur souligne que l'enregistrement vidéo de la cellule où était le jeune homme est inutilisable en raison d'un mauvais fonctionnement des caméras, ce qui implique que la surveillance par les policiers était impossible.

Le jeune homme semble avoir utilisé des lanières de son matelas accrochées au mur très dégradé pour se pendre. Le procureur a déclaré que les cellules n'étaient pas aux normes, et leur mauvais état aurait permis la manoeuvre.

Catherine Lagrange, édité par Gilles Trequesser

 

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