La tension monte entre Otan et Afghans après une bavure

Le bombardement par erreur d'une base de l'armée afghane par des troupes de l'Otan a déclenché une nouvelle crise entre Afghans et Alliance atlantique. Lire la suite l'article

Deux autres incidents ont eu lieu samedi, provoquant la mort de deux soldats américains et deux civils afghans.

La bavure impliquant des "tirs amis" a eu lieu dans la province de Wardak, au sud-est de Kaboul, où les forces étrangères et afghanes menaient des opérations vendredi soir, a rapporté Shahedullah Shahed, porte-parole du gouverneur de Wardak.

La Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) a été visée par des tirs sans savoir qu'ils venaient de soldats afghans et a réclamé des renforts aériens, qui ont bombardé un avant-poste de l'armée afghane récemment installé.

"Quatre soldats sont morts et six autres ont été blessés quand les frappes aériennes étrangères ont visé leur base", a dit le porte-parole. "Nous ne savons pas comment c'est arrivé mais c'est très regrettable."

L'Isaf a raconté l'incident en ces termes dans un communiqué: "Les premiers rapports sur l'opération indiquent que des tirs d'armes légères sont venus d'un poste avancé de combat de l'armée nationale afghane (ANA) et qu'un soutien aérien appelé consécutivement par la force alliée a probablement tué quatre soldats de l'ANA."

Tentant de désamorcer la polémique, les responsables de l'ANA et de l'Otan ont annoncé une enquête commune.

"Nous travaillons dur pour coordonner et synchroniser nos opérations", a dit Eric Tremblay, porte-parole canadien de l'Isaf.

Dans la même province de Wardak, un interprète afghan a tué par balles deux soldats américains car il était "mécontent" de ses conditions de travail, selon des responsables américains.

Un responsable provincial afghan, qui a requis l'anonymat, a déclaré qu'avant d'ouvrir le feu, l'interprète s'était querellé avec des militaires à propos de son salaire. Il a été à son tour abattu par d'autres soldats.

TENSIONS

Un troisième incident s'est produit dans la province voisine de Ghazni, où des soldats de l'Otan ont ouvert le feu sur un véhicule qui ne s'était pas arrêté malgré leurs injonctions, tuant deux civils et en blessant un autre.

Les bavures des forces alliées sont une grande source de tensions entre le gouvernement et les troupes occidentales qui le soutiennent.

La population a manifesté sa colère à plusieurs reprises ces dernières semaines, visant principalement les Américains. Ceux-ci composent les deux-tiers de l'Isaf, qui n'a pas identifié la nationalité des troupes impliquées dans les "tirs amis".

"Comme vous le voyez, ils ont largué des bombes sur notre poste avancé. Ce sont les Américains, bien sûr. Qui d'autre nous bombarderait ?" a dit un ancien du village de Salar à Reuters télévision.

Les Nations unies assurent que l'Isaf a réussi à limiter le nombre de victimes civiles depuis que son commandant, le général Stanley McChrystal, a fait diffuser un guide en ce sens l'année dernière.

Le ministère afghan de la Défense a demandé que les responsables soient traduits devant un tribunal militaire.

"Les soldats impliqués dans cet horrible incident doivent être jugés selon la loi martiale, sans aucune hésitation, pour qu'ils soient punis pour leurs actes", a dit le ministère.

La force internationale s'inquiète également des conflits grandissants entre ses troupes et les Afghans avec qui elles travaillent.

En novembre et décembre, un policier puis un soldat afghans ont tué au total six soldats occidentaux. La mois dernier, un agent double jordanien muni d'un gilet d'explosifs a tué sept employés de la CIA.

Avec Sher Ahmad à Ghazni et Hamid Shalizi et Peter Graff à Kaboul, version française Grégory Blachier et Clément Guillou

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